L’opération initiée le 24 avril dernier, vise à dénombrer la population et à collecter des informations sur les conditions de vie, ainsi que sur l’agriculture et l’élevage.
Depuis le dernier recensement de 2005, l’absence de données actualisées limite la capacité des autorités du Cameroun à mesurer et suivre certains indicateurs de développement socioéconomique clés. Pour combler ce déficit statistique, le pays a lancé, le 24 avril, le quatrième recensement général de la population et de l’habitat sur l’ensemble du territoire national. L’opération vise à dénombrer la population et à collecter des informations sur les conditions de vie, ainsi que sur l’agriculture et l’élevage.
Financé à hauteur de 23,7 millions de dollars, soit environ 13,26 milliards de Fcfa, ce recensement doit fournir des statistiques fiables pour la planification du développement, l’élaboration des politiques publiques et la prise en compte du dividende démographique dans la trajectoire vers l’émergence. La campagne, qui se déroule jusqu’au 29 mai, permettra de disposer d’une photographie actualisée de la population et de ses caractéristiques socioéconomiques.
Au-delà de son importance démographique, un recensement constitue un instrument stratégique pour l’économie d’un pays. Il permet d’évaluer la taille réelle de la population active, d’anticiper les besoins en emplois et d’orienter les politiques de formation. Des données précises sur l’âge, la répartition géographique et le niveau d’éducation facilitent l’identification des secteurs à fort potentiel de croissance et la planification des investissements publics et privés.
Les résultats de ce recensement vont également influer sur la programmation budgétaire. En effet, la connaissance du nombre d’habitants par région permet d’adapter les dépenses publiques en matière d’infrastructures, de santé, d’éducation ou de logement. Elle aide aussi à mieux répartir les ressources de l’État et à corriger les déséquilibres territoriaux, en orientant les investissements vers les zones les plus peuplées ou les plus vulnérables.
Sur le plan macroéconomique, les données issues de cette opération contribueront à l’amélioration de nombreux indicateurs. Elles permettront en outre de recalculer le produit intérieur brut par habitant, d’affiner les statistiques du chômage, de mesurer la pauvreté et d’évaluer l’accès aux services sociaux de base. Ces informations sont essentielles pour attirer les investisseurs, qui s’appuient sur des données démographiques fiables pour évaluer la taille du marché et les opportunités économiques.
Le recensement joue également un rôle déterminant dans la valorisation du dividende démographique. En identifiant la proportion de jeunes et de personnes en âge de travailler, il permet de définir des politiques capables de transformer la croissance démographique en levier de développement. L’objectif est de favoriser la création d’emplois, l’industrialisation et l’extension du marché intérieur.
À terme, les autorités attendent de cette opération une meilleure orientation des politiques publiques et une planification plus efficace du développement. En actualisant les données sur la population et l’habitat, le recensement devrait ainsi contribuer à renforcer la gouvernance économique, améliorer l’allocation des ressources et soutenir la croissance du pays.

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