Selon le rapport « The Wealth Report 2026 » publié le 23 avril par le cabinet britannique Knight Frank, le nombre d’Africains disposant d’au moins 30 millions de dollars devrait progresser d’environ 15% en 2031.
L’Afrique comptera davantage de grandes fortunes dans les prochaines années, sans pour autant renforcer son poids dans la richesse mondiale. C’est le paradoxe mis en lumière par « The Wealth Report 2026 » publié le 23 avril par le cabinet britannique Knight Frank.
Selon ce rapport, le nombre d’Africains disposant d’au moins 30 millions de dollars — les « Ultra High Net Worth Individuals » (UHNWI) — devrait passer de 7 322 en 2026 à 8 412 en 2031, soit une progression d’environ 15%. Une dynamique qui confirme la montée en puissance de la richesse privée sur le continent.
Mais cette croissance reste en trompe-l’œil à l’échelle mondiale. Dans le même temps, la part de l’Afrique dans la population globale des UHNWI devrait reculer, passant de 1% à 0,9% d’ici 2031. En cause : une accélération beaucoup plus marquée dans d’autres régions, notamment en Amérique du Nord (+53%), au Moyen-Orient (+32,1%) et en Asie-Pacifique (+24,2%).
Le constat est similaire pour les milliardaires. Leur nombre en Afrique devrait passer de 27 en 2026 à 37 en 2031, soit une hausse de 37% en cinq ans. Là encore, la progression est réelle, mais insuffisante pour modifier l’équilibre mondial : la part du continent resterait stable à 0,9%.
Dans ce paysage, certains pays tirent leur épingle du jeu. L’Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent, figure parmi les marchés les plus dynamiques, avec un nombre de milliardaires attendu en hausse de 40%, passant de 10 à 14 sur la période.
Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence une transformation progressive des stratégies patrimoniales. Si l’immobilier de luxe reste un socle d’investissement, les grandes fortunes africaines s’orientent de plus en plus vers des secteurs productifs — infrastructures, technologies, agriculture — susceptibles de capter la croissance locale.
Reste une limite structurelle : une part importante de ces capitaux continue d’être investie hors du continent, traduisant les faiblesses persistantes des environnements économiques locaux. Dans ces conditions, l’enjeu pour les économies africaines n’est pas seulement de créer des riches, mais de retenir et d’orienter cette richesse.
En filigrane, « The Wealth Report 2026 » souligne ainsi un défi majeur : transformer l’essor des grandes fortunes en levier de développement. Car sans meilleure intégration de ces capitaux dans les économies locales, la progression du nombre de millionnaires pourrait rester sans effet significatif sur la transformation structurelle du continent.

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