C’était au cours d’une rencontre organisée le 14 avril 2026 au siège de la Chambre consulaire dans le cadre de la visite de travail du vice-président du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine, Mahamat Haroun Adoum.
La lutte contre l’insécurité alimentaire s’intensifie au Cameroun. Réunis le 14 avril 2026 à Yaoundé, à l’initiative de la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef), des responsables de l’Union africaine, des organisations paysannes et plusieurs acteurs du secteur agricole ont échangé sur les mécanismes à mettre en place pour accélérer l’autosuffisance alimentaire. Cette rencontre, organisée à l’occasion de la visite de travail du vice-président du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine, Mahamat Haroun Adoum, a notamment permis d’examiner la mise en place du Réseau panafricain de lutte contre l’insécurité alimentaire et environnementale (Rpliae).
Présenté comme un outil de coordination des initiatives en faveur de la sécurité alimentaire, ce réseau vise à fédérer les actions menées à l’échelle continentale. Accueillant la délégation de l’Union africaine, le président de la Capef, Martin Paul Mindjos Momeny, a insisté sur l’urgence d’une réponse collective face aux effets du changement climatique et à la baisse de la production agricole. Il a notamment évoqué les difficultés persistantes d’accès au financement, aux intrants agricoles et à la mécanisation, qui freinent l’amélioration de la productivité des exploitations.
Vers un secrétariat panafricain au Cameroun
Les échanges ont également porté sur la structuration du futur réseau et la perspective d’installer son secrétariat permanent au Cameroun. La Capef a proposé d’abriter cette structure sur le site de l’École pratique d’agriculture de Binguela, appelée à évoluer en centre d’excellence panafricain. L’objectif est de renforcer l’innovation agricole, promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes et favoriser une meilleure coordination des initiatives en faveur de l’autosuffisance alimentaire.
De son côté, Mahamat Haroun Adoum a souligné l’urgence d’agir face à la progression de l’insécurité alimentaire sur le continent. Selon lui, près d’un tiers de la population africaine est confronté à une insécurité alimentaire modérée ou grave. Le Réseau panafricain ambitionne ainsi de promouvoir une agriculture durable capable de garantir à chaque citoyen un accès suffisant à une alimentation saine et nutritive.
Plaidoyer et mobilisation des ressources
Le Rpliae entend s’articuler autour de plusieurs axes, notamment le plaidoyer auprès des pouvoirs publics, la formation des acteurs, le développement de projets agricoles et la mobilisation de financements. Il vise également à renforcer les capacités des organisations paysannes et à encourager les initiatives collectives de production et de transformation.
Les organisations professionnelles agricoles ont salué cette initiative, tout en exprimant des attentes fortes en matière d’accès aux financements, de transfert de technologies et de structuration des filières. Les participants ont convenu, au terme de la rencontre, d’accélérer la mise en place du réseau au Cameroun et de renforcer la coordination avec les institutions régionales. Cette dynamique apparaît comme une étape importante vers une réponse panafricaine face aux défis alimentaires, dans un contexte où l’autosuffisance agricole devient un enjeu économique et stratégique majeur.

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